I.T Boy de la semaine : Julien Chaumond

De cadre dans la fonction publique il passe à jeune entrepreneur, Julien Chaumond cherche à réconcilier le e-commerce et le web qui selon lui ne se comprennent pas très bien.
Article par : Jessica Chekroun


Julien Chaumond a un parcours de bon élève, il sort de l’X dans le corps des télécoms et intègre la fonction publique. Son année à Stanford aux cotés d’un des fondateurs de Youtube lui donne la fièvre de l’innovation ouverte. Les cours très concrets de l’autre coté de l’Atlantique lui apprennent à toucher à tout, du code au design, en passant par le marketing. Après deux ans et demi à Bercy, puis un livre sur le social commerce, il décide de passer de l’autre coté de la barrière. Il se met en disponibilité et monte sa startup avec Edouard Gasser.  Prodcast, « un réseau social des produits de e-commerce », est la conclusion logique du parcours de Julien Chaumond, notre I.T Boy de la semaine.

Qu’est ce que Prodcast apporte de  plus ?

Sur Amazon, il y a des avis de consommateurs, là ce sont ceux de tes amis ! Et cela change tout. Et, c’est vraiment interfacé à facebook, mais avec un contexte e-commerce. C’est le produit qui est le centre des discussions des consommateurs. Un peu comme Foursquare le fait avec les lieux physiques, et comme PlanCast le fait avec les événements et les conférences.

Tu mets en application ce discours entendu au niveau du marketing, avec l’importance de la recommandation plutôt que le matraquage publicitaire.

Oui, sur les biens culturels c’est particulièrement vrai. Lorsqu’un ami te conseille un livre en te disant qu’il va changer ta vie, tu vas l’acheter ! C’est peut être encore plus vrai pour les applications mobiles, car ce n’est pas très cher et il y a beaucoup d’achats impulsifs largement influencés par la recommandation. Cela donne une émergence d’achats presque viraux. Ils sont de plus en plus partagés par les acheteurs sur les réseaux sociaux et, ainsi, on observe de vrais phénomènes de viralités. C’est le même bouche à oreille ancestral mais, avec les réseaux sociaux, les contraintes de temps sont compressées. Des applications iPhone font 1 million de téléchargements en quelques jours.

Tu disais que vous ne travaillez qu’avec Amazon ?

Oui, on ne travaille qu’avec eux car ils ont un gros catalogue de produits et notamment de biens culturels qui sont assez sociaux. Mais aussi pour des raisons techniques. La plupart des marchands français ont des programmes d’affiliation qui ne sont pas très modernes, il faut télécharger tout leur catalogue pour trouver les quelques produits intéressants. Tandis que Amazon propose non pas un fichier de données mais une API. Ce qui permet d’aller chercher directement les informations intéressantes et de baisser la barrière en terme de développement.

Où en est Prodcast ?

Une version Alpha est en ligne avec une centaine d’utilisateurs qui apprécient le service, ce qui est prometteur. Les gens interagissent entre eux par l’intermédiaire du produit, même s’ils ne se connaissent pas dans la vie réelle.

Quelles sont les prochaines milestones ?

Nous sommes en train de travailler sur le design, l’interface utilisateurs. Nous ne rajoutons plus de fonctionnalités, au contraire, nous tentons d’enlever les moins utiles. Ce qui va nous prendre un mois. Ensuite, nous passerons en phase de communication. Et en parallèle, nous travaillons sur des partenariats avec d’autres marchands que Amazon pour qu’ils intègrent sur leur site des boutons de partage social Prodcast : j’ai acheté, et j’ai envie. Cela augmentera la viralité des produits et puis nous offrirons une super solution d’analytics.

Avant de monter une startup, tu as fait d’autres choses…

Mon job précédent, c’était au ministère de l’économie, donc dans la fonction publique et je travaillais au soutien à l’innovation dans le web et le mobile. Donc, j’étais déjà en contact avec les startups. J’ai fait ça pendant deux ans et demi. Ensuite, j’ai écrit un livre, sur le social commerce, donc l’intersection entre le e-commerce et le web social. Paradoxalement ce sont deux mondes qui s’ignorent. Il y a beaucoup d’entrepreneurs du e-commerce qui venaient de la vente à distance, et pour lesquelles le web est un canal comme un autre. Inversement, des entrepreneurs du web qui disaient que ce qui explose ce sont les réseaux sociaux, et voyaient le e-commerce comme trop mercantile. En fait, en 2010 ; il y énormément de services qui ont explosé et qui reliaient ces deux mondes. Que ce soit les services d’achats groupés ou les services de discussion autour des produits.

Comment est qu’on décide de quitter une place au chaud pour se lancer dans le vide ?

Etre au contact avec des entrepreneurs dans mon job m’a vraiment donné envie de faire quelque chose de concret. Ce que j’adore dans ce que je fais en ce moment, c’est que je fais un peu tout : du code, du design, je vais voir des marchands…

C’est une forme de liberté ?

Oui, tout à fait !

Quel regard tu portes sur les administrations et leur rapport à l’innovation et aux startups ?

Cela a beaucoup changé, lorsque je suis arrivé les gens étaient réservés face à l’innovation dans le web car ils avaient le sentiment que ce n‘était pas de la vrai innovation technologique. Il y avait le mythe que Facebook, finalement, on pouvait le coder en une après-midi. Et puis, une vision de l’innovation qui était très technologique et portée par la R&D. Cela a beaucoup changé en deux ans, lorsque NKM était ministre il y a eu un vrai push vers des innovations d’usage, dans les business model et vers l’innovation ouverte. Bien entendu, cette évolution a été rendue possible grâce aux associations qui poussent l’innovation ouverte, itérative etc..

C’est assez positif par rapport à l’image que l’on peut avoir de ces gros mastodontes qui ont du mal à suivre le pas…

Tout n’est pas fait, mais je pense que ce n’est pas seulement l’administration, c’est aussi le grand public qui prend de plus en plus conscience que l’innovation doit être plus itérative, centrée sur les usages.

Un vœu pour changer le monde ?

Plus de femmes dans le milieu des startups !

Ton accessoire phare ?

Un passe navigo pour le vélib et mon iPhone, j’attend avec impatience le moment où  mon pass velib sera sur mon iPhone !

Et la chanson de la semaine ?

Le nouveau Foo Fighters…

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One Response to “I.T Boy de la semaine : Julien Chaumond” Subscribe

  1. Julien C 16/05/2011 at 14:48 #

    Merci Jessica ! ;)

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