Net-Art et Folklore du net : des newsgroups aux surfclubs (2/2)

Une histoire du folklore et de l’art en réseau avec Camille Paloque-Berges, membres du surfclub historique Nasty Nets et doctorante auprès du laboratoire Paragraphe à Paris 8.
Article par : Mael Inizan



Membre du Surfclub historique Nasty Nets et doctorante auprès du laboratoire Paragraphe à Paris 8, Camille Paloque-Berges prépare depuis 2007 une thèse consacré au folklore informatique (“Introduction à l’Internet vernaculaire : culture de réseau et métafolklore“). Dans un entretien fleuve de près de 2h30 qu’elle nous accordé sur Skype, elle revient sur les origines du Net-Art. Après la première partie de cet entretien consacrée à l’époque du folklore pré-Web et aux des newsgroups de Usenet qui ont contribué au début des années 1980 à inventer la sous-culture Internet auto-référente si populaire aujourd’hui jusqu’au premiers artistes du net.art, Net.Art, Camille Paloque-Berges revient dans cette seconde partie sur l’essor des surfclubs.

Les premiers surfclubs naissent au début des années 2000. Ce sont justement des amoureux du folklore du web…

On y arrive ;) Revenons d’abord sur Rhizome. Rhizome commence comme une sorte de jumeau américain de Nettime, en 1996 ou 1997, d’abord à Berlin, avant de rapidement migrer vers New York. C’est d’abord une liste de diffusion, avant de devenir un site web, puis la plateforme entièrement dédiée aux arts numériques avec un très fort penchant pour le net art, que l’on connaît aujourd’hui.

Ce sont donc les européens qui ont influencés les américains ?

mmmm… Bonne question. Je ne voudrais pas être trop catégorique, mais je pense que oui, dans un certain sens, même si THE THING était sur les 2 continents. En tout cas c’est au sein de Rhizome et donc dans un contexte américain que sont nés les surfclubs. Ce sont de très jeunes artistes du net (une vingtaine d’année dans les années 2000), qui se rencontrent sur les forums de Rhizome autour de deux figures tutélaires. La première est Cory Arcangel, un artiste américain, enfant chéri de l’art numérique très influencé par les hackers. Lui son truc c’est plutôt faire des mods de jeu (modifications de jeux vidéos), en allant hacker les cartouches de Super Mario par exemple. Il met les mains dedans et il est à la base beaucoup plus hardware que software.

Capture d’écran de I Shot Andy Warhol (2002) /Cory Arcangel

Mais en même temps, il a créé en 2004 (ou peut-être avant, je ne suis pas sûre de la date) un site web super cool qui ressemble aux pages personnelles “de mauvais goût” des années 1990. Et surtout c’est un surfeur imparable. Sa page Delicious (un site de marque-page social très utilisé par la communauté Rhizome) est un trésor en terme de curiosités, objets insolites, folklore du Web et est extrêmement suivi par les membres de la communauté rhizome. Il fait ça comme un hobby, mais il est surtout celui aussi qui popularise l’idée que les hobbies, ça peut faire de l’art. C’est vraiment lui qui popularise dans le Net Art américain l’idée qu’il y a des choses intéressantes à trouver sur le Web populaire, dans la matière folklorique du réseau.

Ce sont donc des mecs qui passent leur temps de blogs en forums à chercher des pépites ?

Oui, ils se réclament des hackers et des hobbystes de l’informatique, eux-mêmes très versés dans la recherche de curiosités en ligne.

Dans le sens ou ils refusent d’être artistes “pro” ?

Ce n’est pas forcément un refus, à la base.

Il y a malgré tout un côté péjoratif dans le terme « hobby », non ?

Justement, ce sont des artistes très positifs, très joyeux, très « cool » et « fresh ». Ce sont de jeunes artistes qui n’ont pas envie de passer par les circuits institutionnels du milieu de l’art pour montrer ce qui les intéresse. Un peu comme leurs aînés européens du net.art, mais ces derniers étaient plus énervés, plus politisés. Chez eux, justement, il y a avait un vrai refus des institutions artistiques. Chez les surfeurs, qui se constituent en clubs sous l’influence de Cory Arcangel et de Michael Bell-Smith, qui font des listes des “meilleurs liens” du Web ensemble dès 2005, c’est plus une extension de ce qu’ils aiment faire dans la vie. En fait, la popularité des surfclubs est un concours de circonstances.

Capture d’écran de Continu: 2000 (2005) / Michael Bellsmith

C’est-à-dire ?
Il y avait les bonnes personnes aux commandes de Rhizome au bon moment, Cory Arcangel, le chouchou, Lauren Cornell et Marisa Olson, des curatrices d’influence dans Rhizome. J’en oublie. Ces médiateurs ont aménagé une place pour ces jeunes artistes qui faisaient des choses a priori pas « artistiques », mais qui relevaient plutôt de la sphère du loisir amateur.

“Concours de circonstances”, tu veux que c’est surtout lié aux personnalités de quelque uns d’entre eux ?

Je pense que oui, il y a beaucoup de ça. Ce sont d’abord des réseaux d’amis. ils s’apprécient énormément, font des “nuits de surf” ensemble, en mangeant des pizzas.

Oh.Yeah.I.Love.You.Baby / Playlist sélectionnée par Marisa Olson

Les surfclubs ont finalement assez peu de visibilité à l’extérieur, est-ce un milieu fermé ?

Ce n’est pas fermé par principe. Mais comme ils fonctionnent sur la cooptation, tu ne peux pas vraiment demander d’y entrer. Ce sont eux qui te contactent, comme ils l’ont fait pour moi.

On parle de combien de personnes dans ces différents surfsclubs ?

Ouhlàlà, ça a commencé avec une dizaine de personnes. Les membres fondateurs de Nasty Nets Surfing Club, Guthrie Lonergan, Joel Holmberg, Marisa Olson, John Michael Boling, avec leurs proches, leurs « potes de réseau », « potes de marque-pages », Travis Hallenbeck, Tom Moody entre autres. Puis le club s’est rapidement élargi, jusqu’à la trentaine de membres d’aujourd’hui.

Capture d’écran de Stagnation Means Decline (2002) / Rafael Rozendaal

C’est plus populaire que jamais. D’autres Surf Clubs ont été créés : Spirit Surfers, Supercentral… et plein d’autres avec leurs propres groupes, plus ou moins connectés aux gens de Nasty Nets (voici une bonne liste pour commencer à explorer la scène des surfclubs). Nasty Nets est aujourd’hui un peu au ralenti, mais ils ont fait des petits, qui ont fait eux-même des petits. Ce qui est intéressant, c’est que, influencés par des amateurs et le folklore web, ils ont eux-même à leur tour influencé d’autres amateurs, plus ou moins artistes, qui ont fondé leur surfclubs. C’est très présent sur Tumblr, par exemple, qui a été créé en 2007, alors que le folklore Internet, plutôt une sous-culture à la base, émergeait à la surface de la culture populaire du Web et que les Internautes commençaient à trouver de la valeur dans ces pratiques de surf et de collections d’objets insolites du Web.


Capture d’écran de The Last 51 Years of Art History Represented by 51 Seconds of Battlestar Galactica Season 4 Episode 18 (2009) – John Michael Boling

Tu es toi-même membre de Nasty Net. Comment as-tu été approché ?

Depuis 2007, je fais partie de la 2ème génération, un an après l’ouverture de Nasty Nets, en 2006. J’avais un blog à l’époque où je publiais des trouvailles de Net Art. J’avais rebloggé des posts de Nasty Nets , ainsi que des posts de Tom Moody (de son blog individuel – il a maintenant un nouveau blog) qui est très actif dans les surfclubs, et avec qui j’avais entamé une conversation informelle dans l’espace commentaire de nos blogs respectifs. Ce blog dont je parle n’existe plus, mais dans la foulée, j’avais créé mon Tumblr, qui lui existe toujours, cpb.tumblr.com, et sur lequel je publiais des trucs bizarres trouvés sur le Web. Tom Moody m’a présenté au club, qui a aimé mon Tumblr et m’a invité. À l’époque, il n’y avait pas trop de blogs (individuels ou collectifs) qui collectionnaient de trouvailles insolites du Web (c’était le tout début des mèmes Internet et compagnie).

Cube Crunch / Gif trouvé par Tom Moody

Mais, quelles différences fais-tu entre les surfclubs et 4chan, par exemple ?

Ouhlà, c’est une grande question. Il y a de très longues discussions sur Rhizome à ce sujet.

Si tu devais essayer de les résumer…

Bon, ce que je pense moi, c’est il n’y a pas trop de différences sauf que dans les surfclubs on travaille à visage découvert (pas d’anonymat) et à une échelle infiniment plus petite que celle de la propagation “mémétique” de 4chan. Ce qui fait quand même deux grosses différences. Sur Rhizome, les gens ont tendance à dire que 4chan c’est un peu n’importe quoi, cela relève trop de la culture populaire pour être de l’art (ce sont aussi des critiques adressées à Nasty Nets).

Cat Scratch Vortex (2007) / Joël Holmberg

4chan est peut-être plus générateur (de mème notamment), tandis que les surfclubs sont plus trouveurs, non ?

Je pense que le fond de la pratique est similaire. On se nourrit des images du web et à notre tour on ré-alimente le web avec les images que nous nous sommes appropriées, qu’on a éventuellement modifié. Il y a cette idée de don et de contre-don. Au fond, Nasty Nets est tout autant trouveur que générateur que 4chan. La différence, et sur le plan pragmatique elle est de taille, c’est que Nasty Nets n’a pas la même portée. Dans la mesure où même si les surfeurs sont des artistes très « cool » par rapport au milieu de l’art, ils ont quand même un pied dans le milieu des artistes et de leurs institutions (via Rhizome et ses affiliations muséales notamment), ce qui freine leur avancée dans la culture populaire du Net. Ils ont un pied dans la culture populaire, et un pied dans la culture légitime. Ce qui est à mon avis une grande richesse, mais ça leur a été beaucoup reproché. En termes d’art “légitime”, ils sont un peu bâtards, on ne sait jamais comment les situer. Et en terme d’art populaire, ils n’ont pas l’efficacité de grands réseaux de diffusion et d’influence comme 4chan, Reddit, etc. Ils n’ont pas su (ou pas pu, ou pas voulu, c’est difficile à dire parce qu’ils ne se prononcent pas sur le sujet) prendre le train de la propagation mémétique de la culture Web.

Quelle a été l’influence de cette culture surfclubs sur le Net-Art ?

Ça dépend d’où l’on se place, mais de mon point de vue (donc quelqu’un qui s’intéresse beaucoup au follklore, et peu à l’art, mais surtout aux relations entre les deux), elle a été énorme. Ils ont travaillé (pas explicitement, cependant) à rendre légitime le geste de s’intéresser à la culture populaire du Web comme matériau plastique pour faire de l’art. Ce ne sont pas les seuls, mais ce sont eux qui ont fait le plus de bruit (grâce à la médiation fournie par rhizome).

C’est notamment ce qui explique l’importance du détournement dans le Net-Art ?

Je pense oui, bien que ce soit une pratique qui a toujours beaucoup existé en art (notamment dans les avant-garde de type dada, situationnisme), mais eux ont montré que les gens “communs”, pas seulement les artistes, faisaient des détournements très chouettes, et que les artistes pouvaient s’en inspirer. Je pense qu’il y a un retournement de la figure de l’artiste avec les surfclubs. Ils ont mis à mal une idée très forte, très persistante dans l’histoire de l’art qui est celle que l’artiste est un guide, un éclaireur des foules (en particulier depuis le romantisme du 19ème). Les surfeurs eux, s’inspirent “du peuple du Net”. Encore une fois, ils ne sont pas les premiers, mais ils l’ont fait avec une spontanéité et une souplesse qui est très importante, je pense. Ils ont même réussi à assouplir la récupération stratégique des “arts naïfs” que décrit Bourdieu dans Les règles de l’art à propos des avant-gardes artistiques.

Peux-tu me citer quelques projets dans lesquels on voit particulièrement l’influence de ce folklore ?

Je vais plutôt te citer des noms, parce que je me rappellerai jamais des titres et en plus les surfeurs ont tendance à faire de toutes petites œuvres, presque infimes, plus que de grands projets. Guthrie Lonergan et Petra Cortright sont très représentatifs de ce mouvement. Ce sont d’ailleurs des Net artistes qui marchent particulièrement bien, ils ont été remarqués et célébrés dans de nombreux endroits. Je pense aussi à Travis Hallenbeck, qui vient de publier une collection de ses phrases Twitter favorites et qui avait aussi publié ses “flickr favs“, il y a quelques années. Il fait faire ses livres sur un éditeur en ligne spécialisé dans l’autopublication et les vend pour des sommes modiques. Il est d’ailleurs considéré comme l’un des meilleurs surfeurs du mouvement.

Justement, ce sont ces « surfeurs » sont-ils aujourd’hui reconnu par le “monde de l’art” ?

Oh, peut-être pas si reconnus que ça. Ce ne sont pas des superstars, mais disons qu’ils ont une reconnaissance relativement honorable. Ils commencent à en vivre. Cory Arcangel, par exemple, a une vraie reconnaissance sur le marché de l’art. Ses oeuvres se vendent très bien et à très bon prix. Mais surtout, ce sont des gens qui sont très débrouillards, ils organisent leurs propres expos, s’invitent entre eux. Il y a une scène berlinoise qui relaient très bien la pratique des surfclubs et de l’art influencé par ces pratiques (on l’a appelé aussi “post-internet”). C’est également une scène qui a tissé des liens avec d’autres mouvements ou groupes du Net art comme les “neen” (avec notamment Rafael Rozendaal). Les « neen » sont une branche proche du web design expert, avec des interfaces très lisses, qui créent des pages Web gadget, souvent avec un d’humour qui les rapprochent du folklore Internet de manière différente des Surfclubs.

Mais comment se positionnent tout ces artistes face à la “normalisation” du web ? Le fait que toutes les pages se ressemblent de plus en plus. Il y a de moins en moins de folklore par rapport au début du web…

Je pense qu’il y a des tendances de normalisation, c’est vrai, mais je ne crois pas que toutes les pages se ressemblent. Il faut juste aller fouiller dans les recoins inexplorés, il y en a toujours. 4chan était encore un de ces recoins inexplorés il n’y a que cinq ans.

Tu veux dire que le folklore a évolué ? On ne trouve plus de banderoles qui clignotent, mais d’autres choses…

Oui, il a évolué. À l’époque des pages personnelles de Geocities [un service d'hébergement web gratuit créé en 1994 et racheté par Yahoo, en 1999, NDLR.] des gens disaient : « ils font tous la même chose avec leur gifs animés et leur musique midi cul-cul. Maintenant on trouve que c’est un trésor culturel. Il y a 5 ans, les mèmes Internet et 4chan étaient des inconnus. C’était une sous-culture souterraine.

D’un point de vu politique, c’est une scène artistique qui semble beaucoup moins engagée que dans les années 80…

Oui, sur ce point je suis assez d’accord. Ils sont relativement muets sur ces questions. C’est d’ailleurs dommage dans la mesure où la neutralité du net, par exemple, garantit justement la possibilité de trouver des pages totalement obscures, entre autres potentiels de circulation libre de l’information. Les surfclubs sont un peu à la masse sur ce plan là . De l’autre côté des net-artistes comme David Guez (un exemple parmi tant d’autres) s’intéressent aux réseaux sociaux, aux libertés numériques, aux codes et à ses lois – des problématiques très 1990, finalement, et qui reviennent aujourd’hui. Et c’est tant mieux.

Gif / Ffffound / Tom Noody

Comment expliques-tu cette “dé-politisation” (entre 80 et aujourd’hui), même si il reste quelques exceptions ?

Je pense que ça mérite d’être approfondi, mais comme ça, je dirais que ça a à voir avec une question de génération. Les artistes des surfclubs sont très jeunes, et ils sont arrivés à un moment où il y avait déjà “tout” sur le net. Je ne dis pas que l’évolution du net est terminée, mais en tout cas on avait atteint, dans les années 2000, un sentiment de plénitude relatif. Il n’y avait pas les manques, les risques, les instabilités du premier web des années 1990. Bon, c’est un peu une réponse de vieille, d’autant plus bizarre que j’ai à peu près l’âge de ces artistes surfeurs. D’ailleurs, un bon contre-argument à ce que je viens de dire sur les générations, c’est précisément 4chan, dont les « raids » (actions, hacking, etc.) sont devenus de plus en plus politisés ces derniers mois, alors même que c’est aussi une génération assez jeune sur Internet en général et le Web en particulier.

Aujourd’hui, peut-on dire que le net art est un courant à part entière (je parle du point de vue du marché de l’art comme de celui des chercheurs… ) ?

Du point du vue du marché de l’art, je dirais que non. Du point de vue de la recherche, oui, surtout dans les Media Studies,  les Sciences de l’Information et de la Communication. Des sociologues comme Jean-Paul Fourmentraux s’y sont intéressés.

Quand tu dis non pour le marché de l’art, c’est notamment parce que beaucoup d’œuvres ne sont pas véritablement monétisables ?

Tout est monétisable sur le marché de l’art, mais le marché ne s’est pas encore intéressé aux objets du Net-Art et aux façons de les monétiser, à quelques exceptions près comme pour Cory Arcangel. Mais lui vend des installations et de l’art vidéo, des genres qui sont déjà bien intégrés au marché de l’art. Beaucoup de Net artistes survivent grâce au Web design. Il y a quand même une reconnaissance institutionnelle du Net art dans certains musées, centres d’art et galeries : résidences d’artistes, expositions, commandes, etc. Je précise quand même que le net art a fait son intrusion dans des endroits surprenants, comme par exemple, au Sundance Film Festival, qui a invité Nasty Nets il y a deux ans. Le festival a mis a disposition une dizaine d’écrans sur lesquels ont été montrées des œuvres et des posts parus sur Nasty Nets.

Comment tu vois l’évolution du net art aujourd’hui, dans les prochaines année ? Est-ce que les surfclubs vont disparaitre pour quelque chose d’autres ?

Ghostbusterzzz / Giuseppe (Pepe) Knopf

C’est ça le truc, c’est que c’est vraiment un truc pour s’amuser, finalement assez peu tourné vers le public, ce qui est paradoxal pour de l’art. C’est plus tourné vers la communauté (même si à côté du net art les artistes surfeurs font aussi des oeuvres qu’ils mettent dans des galeries). Je ne suis pas très bonne pour les prédictions, mais je pense que les surfclubs risquent de disparaître en tant qu’art légitime pour revenir se fondre dans la culture populaire d’où ils ont puisé leur inspiration. Mais par contre les relations « affectives » et culturelles entre les humains et la technologie (pas seulement la rationalité de la science) sont définitivement un sujet qui va déterminer le futur de l’art internet et que les net artistes (net.art et surfclubs entre autres) ont contribué à thématiser, critiquer et mettre en pratique.

Du coup, penses-tu qu’une autre génération d’artistes va repartir sur quelque chose de plus underground ? un nouveau cycle finalement ?

Je ne pense pas que l’art fonctionne sur des cycles d’inspiration à partir de l’underground. C’est arrivé plusieurs fois, mais ce n’est pas quelque chose de structurel . Ça dépend de l’époque d’une part (à propos du net art, d’une mode de la culture techno-geek qui surgit dans plein de sphères de la culture), et de circonstances spécifiques d’autre part comme le charisme et l’orientation de certains individus d’autre part.

Myspace Gif Show / Olia Lialina

Est-ce que les net-artistes réfléchissent aujourd’hui à d’autres manière de montrer leurs travaux, peut-être justement en sortant d’internet ? Pas forcément pour des galeries, mais l’espace public par exemple…

Quasiment tous les artistes qui ont participé aux surfclubs produisent des œuvres « physiques » (sculptures, installations, performances), bien qu’elles soient encore souvent liées à la culture virtuelle en général et de l’Internet en particulier. Pour l’espace public, par contre, je ne sais pas trop.

Il y a néanmoins un mouvement de retour IRL…

Dans un certain sens, oui. Guthrie Lonergan, un des leaders de Nasty Nets, a fait une blague un jour en disant qu’il était temps de passer au « post internet ». Ça a été repris plus ou moins sérieusement par beaucoup d’artistes influencés par les surfclubs.

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Pour sortir un article il faudra lui passer sur le corps. Mael ne rigole pas avec la technique journalistique. Son parcours dans le monde impitoyable des médias lui permet d’acquérir une rigueur désarmante. Après avoir fait ses premières armes dans la PQR bretonne, Rue89, LeMonde.fr, Liberation.fr et avoir décroché son premier poste chez Satellinet, Mael fait le choix du frisson en intégrant une rédaction under construction (...)

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