No school, no rules! Être entrepreneur, ça s’apprend ?

Comment devient-on entrepreneur ? Faut-il passer par une formation, un master ou une grande école ? Au contraire, l’entrepreneuriat s’apprend-t-il sur le terrain, les mains dans le cambouis, en créant sa startup ? Comment apprendre les bonnes pratiques et connaître les pièges à éviter ? Quels sont les structures, les réseaux sur lesquels il est possible de s'appuyer ?
Article par : Mael Inizan


 Photo par Thomas Hawk


Cet article fait la synthèse de No school, no rules! Être entrepreneur, ça s’apprend ?, une émission animé par Silicon Maniacs, avec Arthur Monnet (un jeune entrepreneur de 19 ans), Emilie Alliot (responsable de l’incubateur de HEC), Clément Cazalot (entrepreneur et co-organisateur des Startup Weekend Paris) et Alain Garnier (un serial entrepreneur). Elle a été diffusée sur Silicon Radio, à l’occasion de
la journée sur l’entrepreneuriat, le 19 octobre 2011.

À 19 ans seulement, Arthur Monnet est déjà CEO. En novembre 2010, il abandonne la classe préparatoire à HEC dans laquelle il est inscrit, pour lancer Faveous, une plateforme qui permet de regrouper tous nos favoris accumulés sur Twitter, Google Reader, Youtube, Dailymotion et Facebook…etc. Un service très simple qui séduit les investisseurs. Quelques mois seulement après le lancement de sa startup, Arthur effectue une première levée de fonds de 130 000 euros.

Pour Alain Garnier, serial-entrepreneur, le parcours d’Arthur Monnet illustre le bouleversement qui a frappé l’entrepreneuriat français au cours des 20 dernières années.

« En France, la création d’entreprise était quelque chose de très traditionnel. C’est la fameuse rengaine ‘fait d’abord tes classes’. Avec l’essor du web, il y a eu un basculement. L’entrepreneur est désormais perçu de manière beaucoup plus positive. On reconnaît aujourd’hui qu’il existe des manières différentes d’entreprendre », résume-t-il.

Au milieu des année 1990, lorsqu’il créé sa première entreprise, il n’existe que très peu de structures pour accompagner les entrepreneurs. « On était seul, on apprenait sur le tas et on faisait beaucoup plus d’erreurs », explique-t-il.

En quelques années, les dispositifs d’accompagnement se sont multipliés. L’écosystème s’est structuré. Clement Cazalot est co-organisateur des Startup Weekend Paris, une manifestation dont l’objectif est de réunir développeurs, entrepreneurs, gourous du marketing, graphistes, artistes etc. pour lancer une startup en 54h. Co-fondateur de Doctrackr, il est également issu de la première promotion du Camping, un accélérateur de Startup créé par Silicon Sentier. « L’éco-système est déterminant dans le lancement d’une startup. Plus on a de retours, plus on va pouvoir construire un projet ambitieux et solide », explique-t-il.

Un sentiment largement partagé par le jeune Arthur Monnet :

« J’aurais pu anticiper une partie des problèmes auxquels j’ai été confronté et mieux les gérer, si j’avais plus d’expériences. Mais, on revient toujours à cette question de l’éco-système. Il y a toujours des événements, des rencontres au cours desquels on peut rencontrer les bonnes personnes à qui poser des questions ».

Parmi les nombreuses structures existantes, l’incubateur de HEC propose aux jeunes entrepreneurs qui sortent de l’école d’être accompagnés pendant 12 mois dans le développement de leur projet d’entreprise. Ici pas de cours magistraux, mais une logique de mentora, avec des rencontres et des ateliers animés par des spécialistes et des entrepreneurs plus expérimentés. Une manière de donner un retour sur expérience, de mettre les jeunes entrepreneurs face à un miroir et de les insérer dans l’écosystème. « Nous apportons un cadrage aux entrepreneurs. L’incubateur est un facilitateur qui accélère les projets en leur donnant le bon timing pour rentrer sur le marché », résume Émilie Alliot, responsable de l’incubateur de HEC.

« On apprend en faisant », rebondit Alain Garnier. No school, no rules :

« A l’école, tu es tout seul, tu es noté et tu ne dois pas copier sur ton voisin. Pour créer son entreprise, il faut travailler à plusieurs, copier sur les autres et personne ne te dis ce que tu dois faire ».

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Pour sortir un article il faudra lui passer sur le corps. Mael ne rigole pas avec la technique journalistique. Son parcours dans le monde impitoyable des médias lui permet d’acquérir une rigueur désarmante. Après avoir fait ses premières armes dans la PQR bretonne, Rue89, LeMonde.fr, Liberation.fr et avoir décroché son premier poste chez Satellinet, Mael fait le choix du frisson en intégrant une rédaction under construction (...)

One Response to “No school, no rules! Être entrepreneur, ça s’apprend ?” Subscribe

  1. Patrick Hannedouche 29/10/2011 at 09:26 #

    Bonjour Mael,
    Pour ma part, je pense que l’entrepreneuriat s’apprend en entreprenant :)
    Ainsi, je conseille vivement aux jeunes de créer leur (auto) entreprise le plus vite possible. Et tant pis (mieux) s’ils se plantent, c’est comme ça qu’on apprend !
    En fait, un jeune n’a pas grand chose à perdre à se lancer alors que pour un cadre sup (et sa femme !), c’est plus difficile de remettre en cause le bonus, la voiture de fonction et autres avantages.
    Cordialement.
    Patrick

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