PirateBox, mode d’emploi

Comment partager des fichiers sans craindre de se faire flasher par les radars de la Hadopi ? Silicon Maniacs vous propose un mode d'emploi pour monter votre propre PirateBox.
Article par : Redaction


Imaginée il y a un an par David Darts, responsable du département d’art de la New York University, la PirateBox retrouve une certaine actualité à l’heure de la fermeture de Megaupload et des luttes contre les projets Acta, Sopa, Pipa etc.

 Concrètement, la PirateBox est un boitier qui renferme un Hotspot Wifi portatif. Elle permet d’emporter avec soi un réseau local sans fil, auquel pourront se connecter les personnes situées à proximité. Une version « upgradée » du fameux « Beer-to-peer », popularisée par Bluetouff lors de l’adoption de l’Hadopi.

Une fois déposée dans un café, un hall de gare ou un parc, on se connecte à la PirateBox de la même manière qu’à n’importe quel réseau Wifi. Seulement, au lieu d’accéder à internet, les utilisateurs sont redirigés vers une interface à télécharger des fichiers ou à en déposer.

La PirateBox ne garde ni l’adresse IP des ordinateurs, ni l’historique des connexion. Car au-delà de la dimension ludique du dispositif, David Darts l’a conçu pour nous inviter à réfléchir. « La protection de notre vie privée et de notre anonymat est intimement liée à la préservation de nos libertés fondamentales. Or, sur Internet, nous acceptons d’être espionnés en permanence par Google ou Facebook, et par des agences d’Etat. En échange, nous recevons des services très pratiques, mais, à mon sens, c’est trop cher payé », expliquait-il à un journaliste du Monde, en janvier dernier.

En attendant la prochaine journée de mobilisation contre Acta, le 25 février, Gaël Musquet, permanent de Silicon Sentier, nous donne sa recette pour monter sa propre PirateBox.

Les ingrédients :

  • 1 carte mère
  • 1 processeur
  • 1 barrette de RAM
  • 1 alimentation ATX
  • 1 clé USB
  • 1 fichier image Debian
  • 1 carte réseau sans fil compatible Linux
  • 1 jolie boitier

Une partie du matériel peut être récupérée dans vos garages, caves et autres brocantes. Un vielle ordinateur réformé peut faire l’affaire. C’est la crise, mais nos maisons regorgent de richesses technologiques qui attendent d’être recyclées. Si vous avez déjà un ordinateur monté, passez les deux prochains paragraphes. Il vous faudra tout de même acheter une carte réseau sans fil.  Je vous conseille d’acheter du matériel compatible avec des logiciels libres pour deux raisons. D’abord, l’expérience utilisateur est bien meilleure, car c’est un plaisir d’avoir du matériel qui fonctionne sous sa distribution Linux / BSD préférée. Ensuite, c’est un moyen de participer au respect de la « biodiversité » des systèmes d’exploitation et applications.

Commençons par assembler notre Piratebox.

  • Le processeur préalablement graissé avec de la pâte thermique, qui permettra d’augmenter la conductivité thermique.
  • La barrette de mémoire vive
  • Le disque dur
  • La carte réseau sans fil
  • Branchez l’alimentation et vérifiez que le tout démarre

Ce tutoriel se base sur le système d’exploitation Debian Squeeze i386. Debian est une des meilleures distributions GNU/Linux et FreeBSD multi architecture, dotée en plus d’un contrat social permettant de garantir la liberté de ses utilisateurs. Vous pouvez téléchargez ces fichiers images d’installation sur le site de Debian, de préférence via Torrent

 Copiez le fichier image de votre distribution GNU/Linux ou xBSD sur le support de votre choix (CD, DVD, Clé USB etc …). Vous pouvez créer un support d’installation USB avec UnetBootin.

 Après avoir installé votre distribution GNU/Linux préférée vous pouvez installer les paquets hostapd et dnsmasq et suivre le tutoriel.

Il faut désactiver le lancement automatique de dnsmasq, les connections wifi automatiques, autoriser les fichiers python de Shoutbox à l’exécution (chmod +x) donner un nom à votre réseau

Exécutez le script de lancement, et voilà vous disposez dans votre entourage d’un réseau sans fil ouvert (nous l’avons nommé @LaCantine PirateBoxCantine). Une fois connecté à ce réseau, ouvrez votre navigateur. Vous serez dirigé vers un portail captif vous permettant de téléverser des fichiers sur la Piratebox ou de télécharger des fichiers depuis cette dernière, sans oublier le fabuleux serveur de chat anonyme Shoutbox. À vous de jouer et de venir découvrir ce magnifique outil de partage.

Quelques pistes d’évolution et de réflexion :

Imaginez maintenant cette Piratebox embarquée dans des transports collectifs (train, bus, bateau). Ils seraient des emplacements idéaux pour la diffusion de contenus, d’informations géolocalisées. On pourrait pousser le vice plus loin en embarquant des données libres [http://fr.wikipedia.org/], des cartes libres [http://osm.org], des fichiers musicaux libres [http://www.dogmazic.net/] des outils de travail collaboratif [http://framapad.org/].

Pour aller plus loin :

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5 Responses to “PirateBox, mode d’emploi” Subscribe

  1. Amba 01/03/2012 at 15:42 #

    bonjour voici ce que pense GNU de Débian :

    Le contrat social de Debian affirme que son but est de rendre Debian entièrement libre, et Debian met consciencieusement les logiciels non libres en dehors du système officiel Debian. Cependant Debian propose aussi un dépôt de logiciels non libres. Selon le projet, ces logiciels ne « font pas partie du système Debian », mais ce dépôt est hébergé sur beaucoup des serveurs principaux du projet, et l’on peut prendre connaissance de ces paquets non libres directement en explorant la base de données des paquets Debian en ligne. Cela dirige trop les utilisateurs vers des logiciels privateurs pour que nous l’homologuions.

    Des programmes faisant officiellement partie de Debian suggèrent aussi l’installation de logiciels non libres par d’autres moyens.

    Les distributions précédentes de Debian incluaient également des blobs non libres avec le noyau Linux. Avec la distribution Debian 6.0 (« Squeeze ») en février 2011, ces blobs ont été retirés de la distribution principale, empaquetés séparément et placés dans le dépôt non libre.

    je conseillerais plutot une des distributions linux proposées ici : http://www.gnu.org/distros/free-distros.html

  2. Kornfr 03/03/2012 at 14:33 #

    Bonjour
    Intéressant, mais le problème de cette solution est la nécessité d’avoir du courant 220V….

    La solution des prises USB dans les murs de NewYork (il me semble) est également une idée original.

  3. Babgond 03/03/2012 at 21:41 #

    Le Raspberry Pi permettrait de fournir une machine pirate box à bah prix et basse consommation.

    Reste le wifi….

  4. Jimmy 15/03/2012 at 10:28 #

    oui c’est un peu dans l’esprite de dead drops

    mais une clé usb ça ne coute pas grand chose à coté

    http://www.vincentabry.com/dead-drops-reseau-p2p-de-cles-usb-dans-les-murs-a-new-york-10148

  5. Husi10 16/03/2012 at 11:18 #

    J’ai un petit soucis au niveau de la configuration du wi-fi.
    http://forum.ubuntu-fr.org/viewtopic.php?id=852081
    Merci d’avance ;)

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