“J’aimerais que tout le monde soit Open Ready et plus familier avec cette manière de travailler et de fonctionner, sur des communautés ou des projets ouverts, et faire prendre conscience que cela accélérera beaucoup d’innovations.”
La problématique de Christian ? Résoudre les défis d’entrepreneurs sociaux. Avec les autres Gangsters, ses amis Facebook, il fait des interviews qu’ils diffusent ensuite sur la plateforme de Makesense.org. L’enjeu est alors de trouver des volontés qui donnent de leur temps pour résoudre ces défis. La mécanique est bien huilée, Christian s’est penché sur le fonctionnement des communautés Open Source et s’en est largement inspiré. Son discours est teinté de partage, d’ouverture et autres vocables entendus à l’Open World Forum. Il nous a aussi avoué avoir suivi avec grande attention l’initiative YGAW. Rencontre donc, avec quelqu’un qui entend “hacker le capitalisme”.
Concrètement, quel est le fonctionnement de Makesense ?
Tout d’abord cela se passe en ligne, les gens mettent leurs défis et d’autres tentent de les résoudre. Et puis, nous organisons des événements hors lignes. Pour que des gens puissent résoudre ces défis, il y a différents types d’événements. Les Hold Up sont des ateliers de créativités. Quand les entrepreneurs ont des défis demandant de nouvelles idées, nous réunissons quinze personnes dans la même salle avec des méthodologies créatives. On sort cent idées en trente minutes et puis, cinq concepts qui répondent aux défis.
Quelles sont ces méthodologies créatives ?
C’est la même chose que ce qui se passe dans les sessions de brainstorming, en entreprise. Il y a des phases de divergences et de convergences, nous faisons des analogies, on tente d’avoir le plus grand mind map d’idées possibles. Mais surtout, nous faisons des vidéos prototyping. Les participants vont expliquer leurs idées avec des dessins que l’on va filmer avec l’iPhone. Nous les publions ensuite sur internet pour que d’autres gens qui font des holdups sur un défi similaire puissent s’inspirer de ces idées et puissent aller un cran plus loin.
Nous allons revenir aux racines du projet. Comment est-il né ?
Il est né avec un tour en Asie de six mois. Avec mon ami Romain, nous avons pris nos sacs à dos et nous sommes allés en Inde, nous nous sommes dit que nous devrions rencontrer des entrepreneurs et leur demander quels sont leurs défis. C’était la première étape, lancer un blog et interviewer nos I.T Boy et I.T girls (sourire) à nous. Donc, nous avons commencé en écrivant un tweet lorsque nous sommes arrivés à New Delhi. Et là, un blogueur indien à Bengalore, qui s’appelle Walab a dit qu’il allait nous aider à trouver des entrepreneurs sociaux en faisant un billet sur son blog. De là, des entrepreneurs nous ont écrit des emails. De fil en aiguille, avec l’effet des réseaux, nous en avons rencontré soixante en Inde. Ensuite, nous avons continué au Bangladesh, au Cambodge, au Laos, au Vietnam, en Chine et au Japon. Puis, nous sommes revenus en France et d’autres personnes ont été touchées par notre projet et ont éprouvé le désir de nous accompagner. Nous avons donc créé le Gang Makesense.
Une vidéo de présentation de présentation de Makesense.
Tu as toute une philosophie pour expliquer le développement et le fonctionnement de make sense.
Nous avons un manifesto. Makesense est inspiré de la manière dont fonctionnent les projets Open Source dans le software, par exemple Linux ou Mozilla. En même temps, cela s’inspire des concepts du professeur Younus, qui parle du social business, le fait de créer une entreprise dans le but de résoudre une tension dans la société, ou dans l’environnement. La spécificité de Makesense est que nous nous organisons beaucoup sur le web et de manière ouverte. C’est à dire que n’importe qui peut entrer dans le gang. Un peu comme s’il contribuait au code de linux ou de Firefox, chez nous il contribue au code de Makesense en révélant des défis d’entrepreneurs. Il y a une seule règle quand on entre dans le gang, c’est d’uploader plus qu’on ne downloade, justement pour permettre au projet commun de grossir et d’avoir de plus en plus de défis et d’entrepreneurs sociaux aux quatre coins de la planète. Je ne fais pas ça comme une startup, je fais vraiment ça comme une projet ouvert. D’après ce que nous avons pu observer à l’Open World Forum, Apachi est la meilleure communauté Open Source, car il n’y a pas de flux financier. Chacun s’investit par plaisir et pour gagner de la réputation, ou augmenter son réseau ou se faire de nouveaux potes tout simplement. Et c’est ce qui fait le bon état d’esprit du projet et permet qu’il n’y ait pas de jeux politiques en son sein. Ainsi, les gens prennent plaisir à voyager, à trouver des défis d’entrepreneurs, et les partager avec le reste de la communauté.
De plus, chacun peut hacker le modèle selon les spécificités locales. Nous attendons d’ailleurs de voir ce qui résultera des premiers Holdups en Chine et en Inde.
Du coup, il n’y a pas de business plan, pas d’envie de faire de l’argent, et toi comment te places tu dans tout cela ?
Le business model est de faire en sorte d’avoir un projet qui marche sans aucun coût, à partir de là nous n’avons pas besoin de gagner de l’argent. Il faut juste que je trouve un business model pour moi personnellement, et donc essayer de faire comme la plupart des gens qui créaient des projets ouverts, ils font d’autres activités à coté.
Et en ce qui concerne l’organisation de la communauté ?
Le plus dur est de faire du communauty management comme ils disent. Créer une communauté, qu’il y ait un bon modjo dedans. C’est là que j’ai demandé de l’aide à mon cousin qui a codé l’application. Son rêve c’était de lancer une web app à San Francisco, mon travail était de trouver un sponsoring pour payer son billet d’avion, et de l’emmener à San Francisco pour lancer l’application. Comme ça, ça lui fait sa réputation, même s’il n’a pas gagné d’argent. Cette application permet à chacun de trouver le défi qui lui correspond, en terme de cause, et en terme d’implication et de compétence requise.
L’autre aspect web que l’on utilise c’est la manière dont on s’organise. Chacun déclare ce qu’il aimerait faire sur le mur du groupe et les autres commentent. Ensuite, cela fait un projet. Tout cela se fait de manière très spontanée, il n’y a pas de stratégie établie à l’avance. Un peu comme Anonymous, car ils montent des opérations de façon très spontanée, et les gens se coordonnent ensuite autour de la personne qui a pris le lead pour l’initiative.
Quel est ton accessoire phare ?
Des post-it ! Car Makesense, c’est surtout des idées dans la vraie vie. Lorsque nous nous réunissons, ce n’est pas très pratique si on est tous en train de taper sur nos ordinateurs. Donc nous utilisons des post-it et j’en ai toujours sur moi, et il y en a plein partout dans la chambre et tous les gangsters Makesense ont toujours des post-it sur eux. C’est Twitter mais sur un papier !
Un vœu pour changer le monde.
Que les gens fassent comme sur Napster à ses débuts, qu’ils partagent leur musique mais aussi leurs idées. Car c’est ce qui améliorera l’innovation et changera les choses dans le monde. Par exemple, il y a eu Napster et ensuite l’industrie de la musique a été obligée de se réinventer. Cela à débuté grâce aux milliers de gens à travers le monde qui ont voulu partager leur musique pour permettre à d’autres d’en découvrir. Que tout le monde soit Open Ready et plus familier avec cette manière de travailler et de fonctionner, sur des communautés, sur des projets ouverts, et faire prendre conscience que cela accélérera beaucoup d’innovations.
Donc le partage pour favoriser l’innovation ?
Oui, je crois qu’ensuite, il est possible de faire confiance à la créativité des gens et à leurs envies. Finalement ça changera le monde, mais chacun à sa manière. Certains en créant des social business et d’autres en créant des startups qui emploieront des milliers de personnes.
Et la chanson de la semaine ?
Mojo walking de Muddy Watters, parce que dans une communauté ouverte, le plus important c’est qu’il y est un bon état d’esprit, un bon mojo dans la communauté. Je trouve que quand on écoute cette chanson, il y a un bon mojo qui passe.
Pour suivre Christian :
Son profil Facebook, son Tumblr et son compte Twitter. Le groupe Makesense sur Facebook, et le site de l’application.
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Belle initiative et super projet!
Bonne continuation Christian!
Super article ! et bravo Christian !
(bluenove is a proud sponsor of MakeSense : http://we.makesense.org/?page_id=1202 )