I.T Boy de la Semaine : Gaël

Gael se rapproche d'un it boy au sens premier du terme, puisque son truc c'est la mode. Mais, son projet c'est bien dans les I.T qu'il entend le mener !
Article par : Jessica Chekroun


Du haut de ses 25 ans et de son style étudié, Gaël est un entrepreneur qui a parié sur la mode. Avec ses deux associés, il a lancé il y a tout juste quatre mois Walldress.com. Le concept, un site communautaire et participatif qui tente de redonner au shopping sur le net le coté coup de cœur de l’achat compulsif possible dans les magasins citadins.


Est ce que tu peux m’expliquer le concept de Walldress. com ?

C’est une vitrine interactive de shopping mode, qui permet de trouver où acheter des vêtements ou accessoires modes en ligne, directement depuis un look vidéo ou photo. En un clic sur le player il est possible d’obtenir une proposition de produit selon une sélection de produits similaires disponibles à l’achat chez différents sites marchands partenaires. À partir d’une photo, ce sont les internautes qui vont eux-mêmes tagger, renseigner les marques portées. Et là, c’est notre moteur sémantique qui permet de retrouver les produits. Finalement, le shopping est plus ludique que sur des moteurs de shopping ou des sites de contenus qui eux apportent plus de l’information qu’une place de shopping.

Je vois  plusieurs nouveautés. En premier lieu le coté communautaire, qui est intéressant…

Exactement, il y a une composante sociale. Notre baseline est : social dress code. Tout le monde peut partager son style, son look et s’exprimer. La mode, ce n’est pas seulement les podiums, les grandes égéries et les grandes marques, c’est dans  la rue avant tout.  Et puis, nous avons la chance d’être à Paris,  c’est la capitale de la mode. Pour ça c’est génial. Il nous suffit de descendre à Étienne Marcel et on trouve du look à gogo. Des gens qui ont beaucoup plus  de créativité que des stylistes des grandes maisons. Ces derniers  sont parfois bridés et cherchent à copier les grandes tendances, des grands couturiers.


Vous allez chercher des gens dans la rue ?

Oui, nous travaillons avec des photographes,  une équipe  de production vidéo, des freelances cadreurs. Moi j’y vais aussi un peu  avec eux pour sélectionner. Puis l’entreprise vient d’être lancée, je suis donc un peu partout à la fois, il faut tout faire. Je mets les mains dans le cambouis. On distribue des flyers, on fait signer les autorisations,  et puis on rencontre des gens aussi. On fait  pas mal de choses avec les blogueurs mode. A chaque fois, on rencontre des gens super sympa. De plus, les monteurs vidéos sont des jeunes. C’est la partie agréable du boulot.

Ensuite, il  est possible d’acheter des fringues, et là l’internaute est dirigé vers d’autres sites ?

En gros, c’est le modèle de comparateur, nous marchons sur l’affiliation. Nous référençons des sites marchands partenaires.  Donc nous travaillons avec des gros sites de marques, ainsi que des marques en direct. Ensuite, si l’internaute veut acheter, il est redirigé vers le site marchand où il peut faire directement la transaction.


Et ce que cela fonctionne bien, est ce que tu as des chiffres à me donner ?

Oui, cela fonctionne bien, on a des taux de transformations  qui sont un peu plus élevés que ce que font  les comparateurs. En gros, c’est un visiteur sur deux cent qui va finir par acheter via notre plate-forme, sur un site marchand.


Et en nombre de visiteurs ?

Nous avons fait des pics à quatre mille, cinq milles visites par jour. À trois mois du lancement, alors que nous n’avons engagé aucun moyen de communication. Nous sommes plutôt satisfaits de ce niveau d’attraction du site par lui-même.

Et cette levée de fond ?

Nous avons lancé le site avec les moyens du bord. J’ai fait un emprunt étudiant de 20 000 euros, j’avais accès à des super taux, nous en avons profité. Nous avons également gagné un concours jeunes entrepreneurs de mon école, ce qui nous a ramené 5 000 euros. C’est ce qui nous a permis de lancer la première version du site. Puis est arrivée la version commerciale. À présent, nous avons besoin d’engager des collaborateurs et d’avoir des locaux. Tout cela pour être une vraie société, avoir les moyens pour terminer le site et ensuite faire un vrai lancement commercial et marketing. Pour ce qui est de la levée de fonds, j’ai vu des business angels, mais ils ne sont pas assez réactifs.  Je me suis donc tourné vers mes parents, ma famille, mes proches. J’ai de supers potes qui sont des grands joueurs de poker, ils sont  mêmes partis à Malte pour jouer au poker et en vivre. Avec le concours de tout ce petit monde, nous avons réunis 120 000 euros, ce qui est plus qu’espéré et qui va vraiment nous permettre de lancer la machine. Nous irons ensuite chercher une deuxième levée de fond, un peu plus conséquente auprès des fonds d’investissements.

Au niveau du business plan ?

On est sur un business model lié à l’affiliation, il repose donc beaucoup sur le volume. Mais,  à coté de ça nous sommes vraiment une vitrine pour les marques.  Nous sommes en train de lancer quelques opérations pour faire de la vidéo sponsorisée, faire du brand content. Et puis également tout ce qui est concours de look, nous avons un petit système de badge virtuel, les pin’s, que l’on souhaite monétiser. Nous visons à évoluer vers ce qui est de la création publicitaire avec des modèles de publicités vraiment innovantes. Ceci devrait nous permettre de récupérer de la liquidité plus rapidement qu’avec la filiation qui va demander beaucoup  de budgets, d’acquisition de trafic et qui va prendre du temps.


Vous avez des innovations en terme technique ?

On a développé un moteur de recherche sémantique qui nous permet de scroller toute notre base de données,  avec les fiches produit,  le titre et la description. Derrière, il y a un algorithme qui permet de faire les matching de mots clés entre ce que les internautes vont tagger, renseigner dans les looks postés et les produits que nous avons en base. Un moteur de recherche visuel est également en développement. Il fonctionnera en premier lieu pour les couleurs. Nous avons réussi à le mettre en place en développement, mais il n’est pas encore mis en place en production, mais cela devrait se faire très bientôt. On travaille aussi, sur un vrai moteur de reconnaissance visuel via les formes.

Jusqu’à maintenant, vous n’avez pas de développeur à plein temps ?

Effectivement,  jusqu’à présent notre développeur travaille le soir, le weekend pour nous.  Mais il nous rejoint à plein temps pour la fin du mois. C’est un petit génie. Mes deux associés sont vraiment des mecs géniaux. Le développeur peut tout faire, il apprend des langages de programmation du jour au lendemain. Le chef de projet lui, n’a peur de rien. Il ne dit jamais non lorsque j’arrive avec mes idées folles. C’est notre force, parce qu’on est dans un secteur qui est assez concurrentiel, il y a du gros monde, donc il faut se battre tous les jours.


Quelles sont les prochaines étapes, les milestones ?

Dans un mois nous mettons en place la nouvelle plate forme vidéo. Elle permettra  de lire les vidéos depuis les tablettes, et les smartphones : exit le flash, on passe en full HTML. Cela va être un gros plus, mais c’est un gros chantier, car il faut ré-encoder toutes les vidéos, et nous allons devoir retravailler notre solution de tagging, Nous travaillons également  sur une solution qui permettrait d’uploader les vidéos notamment pour des producteurs de contenu, des marques qui voudraient poster du contenu via une page qui leur est dédiée.

Et niveau milestone, nous visons dans un an, 100 000 euros de chiffre d’affaire, 300 000 visiteurs uniques par mois, et une deuxième levée de fond plus conséquente entre 500 000 et deux millions d’euros. Nous verrons selon les besoins, les ambitions  et l’état du marché au moment venu.


Un vœu pour changer le monde ?

Que Paris redevienne l’épicentre de la mode. Pour moi, c’est la capitale historique de la mode, avec tous les plus grands couturiers : Yves Saint Laurent, Lagarfeld, Jean-Paul Gaultier, et, les plus grandes maisons de couture : Chanel, Hermes, Dior.. Et puis, cela fait quelques années qu’il y a milan, New-York ou Tokyo. Lorsqu’on fait des sessions street style on le voit bien, il y a beaucoup plus de look fous à Londres qu’à Paris et je trouve que c’est dommage. Car pour moi c’est la ville des artistes et des créateurs. C’est un peu l’ambition aussi, nous faisons régulièrement des spots dans paris, avec des streets styles et des interviews de blogueurs. Nous avons tellement de rushs qu’il serait possible de nous lancer dans un documentaire sur la mode à Paris. Pour reprendre ce que disait un des créateurs de Balanciaga ; “si paris meurt plus personne ne  mérite d’être habillé”. C’est un peu violent mais j’aime beaucoup l’image.

Quel est ton accessoire phare ?

C’est mon macbook 13 pouces que je trimballe partout. Nous n’avons pas de locaux, je suis sans arrêt entre chez moi, chez mon associé, mon autre associé ou en rendez-vous. De plus, le siège de la boîte est chez mes parents, donc je me rend souvent sur place à Nantes.


Et la chanson de la semaine pour terminer ?

Ce n’est pas tout jeune mais que j’écoute beaucoup en ce moment. C’est un titre de «Something à la mode », rondo parisano, qui est en featuring avec Karl Lagerfield. Il fait une belle comparaison entre la mode et la musique.


Clip de Rondo Parisiano (SomethingALaMode ft… par najar-perrot

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