[Podcast] La vérité sur Prometheus

Very Serious Geek s'en va après une dernière sur-interprétation sur un film incompris qui mérite plus d'amour qu'il n'en reçoit : Prometheus !
Article par : Quentin Bruet-Ferréol


Pour sa dernière émission de l’année, Very Serious Geek a invité plusieurs passionnés à venir s’écharper autour du dernier Ridley Scott. Et oui, le film déchaîne les passions, alors, il faut poser la question : Prometheus, navet spatial ou film incompris ? Chef d’oeuvre ou dessous de plat ?

Pour ce duel de critique, Very Serious Geek a eût le plaisir de recevoir Jean-Marie Vivés, matte-painter de Alien 4, Yann Minh, artiste Cyberpunk qu’on ne présente plus, Anaïs Bordages, chroniqueuse chez Time Out Paris, Linda, chronique de Almost Kael, sans oublier Soizic Hess, qui a propose une théorie sur-interprétative qui vous fera voir le film très (qui a dit trop ?) différemment. Je ne vous en dis pas plus, le secret est révélé juste en dessous :

La Vérité sur Prometheus by Silicon Maniacs

19h30 : Contes de la Noosphère sur Alien 1 & 4

Matte-Painting d’Alien 4 par J.-M. Vivès

Invité Jean Marie Vivès : Le matte painter de la cité des enfants perdus, de Delicatessen et d’Alien 4.

Pour ce septième épisode des Contes de la Noosphère, Yann Minh a épluché les métaphores sexuelles cachées et les images subliminales cachées dans Alien 1 et 4, et a révélé quelques secrets de la production d’Alien 4 avec Jean-Marie Vivès. Ce dernier nous a aussi parlé de sa fabuleuse carrière de Matte-painter.

Yann place ensuite le débat dans les étoiles en posant la question : Et si les extra-terrestres n’existaient pas ? Imaginez : nous sommes seuls dans l’univers et, comme le dis le slogan d’Alien, “personne ne vous entend crier“.  Le postulat selon lequel la vie pourrait être une singularité ne serait, selon lui, pas plus scientifiquement impertinent que d’avoir foi dans une profusion de vies à travers l’univers. A ne pas rater pour les aventuriers cyberpunks qui nous écoutent.


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6 Responses to “[Podcast] La vérité sur Prometheus” Subscribe

  1. yann minh 07/06/2012 at 19:09 #

    Eh eh… le truc, en fait… c’est que l’intuition de Soizic n’était pas de la surinterprétation… Ridley Scott le dit carrément…

    http://www.movies.com/movie-news/ridley-scott-prometheus-interview/8232

    Moi, le christ à tentacules… j’adore.. :-)

  2. Soizic Hess 08/06/2012 at 00:07 #

    Voilà… Toute fraîche, mon analyse écrite… ;-)

    Prometheus _ Je suis sortie de la projection de Prometheus partagée d’émotions très ambiguës, fascinée par certaines scènes, frustrée par d’autres, lesquelles m’ont paru au premier abord assez impertinentes, c’est à dire soit incompréhensibles au sein du récit, soit superflues.

    L’une des forces de Ridley Scott pour moi, c’est sa faculté à truffer ses films de métaphores diverses et variées et de laisser à lire une double narration, rendant encore plus complexes des scénarii déjà riches d’informations (Blade Runner, Alien, en sont les meilleurs exemples – cf. bas de page).

    Prometheus est sûrement le film dont la double narration est la plus occultée (consciemment ou non de la part de son réalisateur) de toutes les réalisations de Ridley Scott. Mais une fois la “clé” en main, chaque scène de ce film devient pertinente, même la moins pertinente (je n’ai pas dit blasphématoire, pas encore !).

    Je vais passer en revue quelques scènes qui m’ont tout d’abord gênée puisqu’elles semblaient au premier abord manquer de cohérence avec le récit : ce sont justement ces scènes qui, une fois “traduites”, articulent la double narration de façon claire une fois le parallélisme opéré.
    Après avoir proposé ma grille de lecture, quelques autres scènes étonnantes qui prennent sens.

    Stérilité : dramatisation superflue / ou bien … ? Tout d’abord, peu de temps après la confirmation de l’existence d’entités vivantes sur la planète LV-223 (confirmant donc la théorie néo-évhémériste d’Elisabeth Shaw et de son compagnon Charlie Holloway), le couple se retrouve dans sa chambre. Euphorique, il lui rappelle combien il est aisé de créer la vie, appuyant le fait que leur théorie (puis la découverte réelle) avait toujours été une évidence. Mais elle n’a pas la réaction attendue : les larmes lui viennent subitement alors qu’elle lui demande quelle est donc sa valeur à elle qui ne peut donner la vie. Cette scène m’a dérangée car même si elle trouve un écho dans le fait qu’Elisabeth Shaw tombe enceinte et s’avorte elle-même par la suite, elle n’était en conséquence pas justifiée, car inutile dans le processus de dramatisation du récit. Le simple fait d’être enceinte d’un monstre tentaculaire et de se résoudre à s’avorter toute seule à grand coup de chirurgie abdominale automatisée était largement suffisant, pourquoi avoir ajouté le fait faussement dramatique et dérisoire qu’Elisabeth Shaw est stérile ?

    La croix autour du cou retirée par David : symbole chrétien anecdotique / ou bien … ? Après la mort de son compagnon infecté, on se réveille avec Elisabeth Shaw sur une table lumineuse. L’androïde David est à ses côtés, il s’apprête à réaliser une échographie, notons qu’elle se révèlera être enceinte par un processus obscur, étant donné qu’elle est stérile et a connu une relation sexuelle dix heures plus tôt avec son compagnon infecté par le liquide noir apparenté aux ingénieurs-créateurs trouvé sur LV-223. Avant de commencer l’échographie, David retire la croix montée en pendentif autour du cou de Shaw. Devant sa protestation, il prétexte qu’il s’agit là d’une mesure d’hygiène, ce qui ne convainc pas beaucoup plus le spectateur que l’héroïne elle-même. Cette scène est aussi dérangeante, car j’imagine assez mal Ridley Scott filmer le fait de retirer ce symbole de foi avant une scène de péché mortel / avortement dans le seul but de respecter la morale chrétienne. Alors pourquoi avoir accordé tant d’importance à ce geste à la fois anodin et pourtant mis en valeur dans le récit ?

    L’attitude ambigue de Meredith Vickers : simple scène d’humour (gras) / ou bien … ? La troisième scène qui m’a beaucoup dérangée concerne Meredith Vickers, la représentante de la Cie Weyland, laquelle Cie a accordé un important budget à cette expédition. Peter Weyland en est l’initiateur et Vickers le représente à bord, non sans préciser régulièrement qu’elle ne porte aucun intérêt à leur théorie ni même à leur découverte si celle-ci se voit légitimée. Vickers est une beauté froide, autoritaire et rigoureuse. En somme un personnage peu attachant (car peu développé), jusqu’à la découverte des entités vivantes sur LV-223, où contre toute attente nous découvrons une Vickers soudainement passionnée, tout du moins réellement fascinée par la perspective de faire partie d’une expédition historique. Le personnage commence à prendre du relief, mais une scène par la suite m’a laissé perplexe (voire énervée) : nous la suivons dans la salle de pilotage et de la maquette 3D du dôme artificiel et celle-ci échange des banalités avec le pilote. Il ne tarde pas à lui faire des avances assez triviales, elle ne cède pas, puis d’un coup si : “dans ma chambre dans 10 min”. Cette scène n’a strictement aucun intérêt dans la narration, sauf si nous choisissons de penser que Ridley Scott a souhaité nous faire rire (gras) si tant est que cela fonctionne (dans ma salle de cinéma, non). Comment cette scène peut-elle donc trouver une pertinence ?

    Ces trois scènes ont assez rapidement retourné mon cerveau, et à force de les secouer dans tous les sens, on y trouve une clé qui dénoue toute la double narration (oui j’insiste) du film. Quel modèle de femme comme Elisabeth Shaw connaissons-nous : incapable d’enfanter et connaissant une grossesse qui incombe au créateur ? (Roulements de tambour) La Vierge Marie. Et lorsque nous considérons tout le scénario de Prometheus comme une métaphore filée du (début du) Nouveau Testament, chaque scène prend sens. Et au-delà d’une Vierge Marie incarnée par Elisabeth Shaw, nous avons le Christ OU l’Antéchrist (je pense que les deux options sont aussi probantes ici) incarné par un monstre tentaculaire gigantesque, celui que Elisabeth Shaw s’est extrait plus tôt de son ventre à l’état foetal. Meredith Vickers, personnage à l’attitude si ambigue, incarnerait alors la figure mythique de Marie-Madeleine (Marie-Madeleine désigne en réalité trois femmes : la prostituée de Naïn, Marie de Magdala et Marie de Béthanie soeur de Marthe et de Lazare : communément regroupées en la figure de la femme pécheresse repentie), ce qui explique les attitudes ambigues de Meredith Vickers et cette personnalité subitement sexuée voire sexuelle. Conformément à ce que laissait déjà penser la scène d’ouverture du film (un ingénieur est abandonné par ses pairs sur une planète, il ingère un liquide noir dont l’ADN mystérieux se répand dans le Vivant via l’élément de l’eau), “l’ingénieur” incarne le Diable = l’ange déchu = Lucifer, commençant à entreprendre son oeuvre essentielle : corrompre et annihiler l’oeuvre du Créateur, qui l’a renié. Mais le Diable = l’ange déchu = Lucifer est rattrapé dans sa tâche par le monstre tentaculaire gigantesque / Christ / Antéchrist, qui le tue, et de son thorax s’extrait (conformément à l’Alien de 1979 et suite) le premier et véritable Alien du film, dans la forme que nous lui connaissons. Nous aurions des Aliens, pendants “diaboliques” – car sans morale ni foi – des humains, des Aliens nés du Diable = l’ange déchu = Lucifer, lui-même création divine.

    En bonus, je vous livre la scène-clé qui je pense, balaiera les doutes des plus sceptiques…

    Le sapin de Noël : Ridley Scott serait dendrophile / Ou bien … ? La scène vraiment exceptionnelle de Prometheus pourrait presque passer inaperçue si l’ont ne se posait pas la question de l’utilité de décorer un sapin de Noël dans un vaisseau intergalactique comprenant l’équipage en route pour la découverte des origines de l’humanité. Lorsque David l’androïde réveille tous les membres de l’expédition, tandis qu’Elisabeth Shaw vomit deux années de biostase à travers l’univers, se profile juste après ce plan un membre neutre de l’équipage accrochant la dernière boule au petit sapin de Noël qu’il a pris soin d’emporter dans son sac de voyage intergalactique. Meredith Vickers l’interpelle alors sur cette préoccupation à première vue absurde : il répond alors que sur Terre, c’est Noël, et qu’il souhaite lui aussi fêter Noël. Noël = Naissance du Christ, je ne m’étends pas plus sur l’évidence de la chose…

    J’ai entendu beaucoup de critiques mécontents du fait que Ridley Scott ne livrait pas les réponses attendues de Prometheus. J’ai plutôt maintenant le sentiment qu’il propose des réponses effectivement moins surprenantes que nous l’espérions, en nous “appâtant” avec la théorie des anciens astronautes ou néo-évhémérisme, laquelle s’appuie simplement sur une métaphore filée du Nouveau Testament, support de choix pour rendre son film compréhensible par ses références bibliques (tout du moins, c’était l’idée, et c’est bien là le défaut du film : une double narration beaucoup trop cachée). J’ai donc l’impression que Ridley Scott a instrumentalisé le néo-évhémérisme très à la mode en nos temps modernes, pour nous livrer une sorte de fable, une version assez blasphématoire du Nouveau Testament. Cela ferait donc trente ans que nous croyions avoir affaire à de la pure science-fiction ? Je crois que de nouveau, nous ne pouvons échapper à l’idée que même Alien est une saga (très) imprégnée de morale judéo-chrétienne.

    Et cette dernière question (presque) restée en suspens à la fin : pourquoi nos créateurs ont-ils décidé de détruire l’humanité ? Cela me rappelle un concept très à la mode en ce moment : l’Apocalypse… Je crois qu’il est très conscient de poser une question sans réponse, puisque de tous temps et aujourd’hui plus que jamais, nous avions et avons cette crainte, cet étonnant concept mémétique qu’est l’apocalypse…

  3. Alain Brion 08/06/2012 at 12:24 #

    Très intéressant et sans doute juste, mais moi ce qui me dérange le plus c’est la question suivante : Pourquoi “diable” les ingénieurs ont laissé ( de façon alambiqué ) l’adresse galactique de ce qui se révélera être un obscur entrepôt d’armes bactériologiques ?

    Alain Brion

  4. e20100633 15/06/2012 at 16:43 #

    Bonjour,

    le podcast est prévu pour l’émission des Contes de la Noosphère ? J’ai malheureusement loupé l’émission en direct, je me languis de pouvoir l’écouter. Merci par avance.

  5. Raphaël 25/06/2012 at 18:05 #

    “Pourquoi Jésus aurait-il forme humaine ?”
    -> Parce qu’il est écrit dans la Bible que Dieu a crée l’homme a son image.

    Pour des personnes censées être calées en théologie, je trouve vos théorie “légèrement” bancales.

  6. Denis-Quentin Bruet 25/06/2012 at 18:35 #

    Qui s’est prétendu calé en théologie ?
    En attendant, Ridley Scott l’a confirmé en interview.

    De plus, la Bible ne renferme pas toutes les sagesses de la théologie, il faut en connaître l’histoire aussi ;-)
    cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Gnosticisme

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